A mi-parcours entre Alicante et Le Cap

Les équipages ont franchi l'équateur et sont à mi-parcours de la première étape de la VOR.

Les sept bateaux de la Volvo Ocean Race naviguent depuis hier dans l’hémisphère sud. Impossible pour les « bizuths de l’équateur » d’échapper aux traditionnels rituels… Quelques instants de détente après deux semaines d’une course d’une intensité rare. Même si, pour certains équipages, l’humeur n’était pas à la fête. « Neptune ne nous a pas épargnés, nous laissant assez peu l’envie d’aller faire les marioles avec lui en ce jour de changement d’hémisphère. Alors on a choisi de vaquer à nos occupations. La barre et les réglages pour les uns, la bannette pour les autres (…) Cela dit, l’équateur, on est parti pour le repasser au moins trois fois sur cette Volvo. Alors ce n’est peut être que partie remise ? » raconte Yann Riou à bord de Dongfeng.

La Méditerranée, Gibraltar, le Cap Vert et le Pot au Noir ont été les principaux marqueurs d’une étape que Charles Caudrelier voyait, au départ d’Alicante, comme l’une des plus dures de ce tour du monde. Et c’était sans compter le mano a mano auquel se sont livrés les bateaux sur cette première partie.

Tous les équipages ont franchi symboliquement cette nuit le cap de la mi-parcours entre Alicante et Le Cap (6 487 milles au total). Ils ont aussi passé le waypoint de Fernando de Noronha. C’est maintenant une longue traversée de l’Atlantique Sud qui les attend jusqu’en Afrique du Sud, et cette deuxième portion devrait leur réserver autant de fil à retordre que la première.

Abu Dhabi Ocean Racing maintient sa place en tête, mais le souffle de ses adversaires n’est pas loin. Pendant la nuit, la flotte s’est considérablement resserrée. L’équipage de Ian Walker possède toujours 17 milles d’avance sur Team Brunel, skippé par Bouwe Bekking, mais Team Vestas Wind, mené par Chris Nicholson, n’est plus qu’à 26,5 milles du tableau arrière de Walker et le Dongfeng Race Team de Caudrelier à 80 milles. C’est l’équipage de MAPFRE d’Iker Martínez, positionné le plus à l’ouest qui ferme la marche, à 109 milles d’Abu Dhabi.

Prochain obstacle : l’anticyclone de Sainte-Hélène. En octobre, cette zone de haute pression est régulièrement sur une latitude assez élevée. Difficile pour la flotte de la traverser au risque de se retrouver totalement sans vent. La solution est probablement de la contourner à l’aide d’un petit couloir de vent entre les dépressions qui se forment au large de la côte brésilienne et l’anticyclone.

Pour les bateaux de l’ouest comme pour ceux de l’est, les prochaines heures vont être importantes pour gagner dans le sud. Ensuite seulement, ils pourront amorcer un virage à l’est vers Le Cap. L’enjeu pour les poursuivants d’Abu Dhabi sera de réussir à différencier leurs stratégies pour pouvoir resserrer l’écart avec le leader. Il faudra saisir les opportunités même si ce seront sans doute des changements subtils, des réglages fins ou la possibilité d’attraper ponctuellement un peu plus de pression qui leur permettront de reprendre du terrain. A moins que certains tentent de raccourcir la route à travers l’anticyclone. Une prise de risques qui vaut peut être le coup…

Pour l’instant, les conditions sont favorables à la glisse avec un vent de sud-est pour 16 à 22 nœuds pour les bateaux du nord, un peu plus faible pour les sudistes. Le vent devrait tourner progressivement à l’est-sud-est puis à l’est et diminuer un peu au cours des prochaines 24 heures. Les équipages ont donc 48 heures pour gagner le sud dans un vent relativement stable. En début de semaine prochaine, le scénario s’annonce différent avec des orages, des rafales et des grains à négocier.